La femme mariée et le livreur — mais avec une vraie psychologie

La femme mariée et le livreur — mais avec une vraie psychologie

Une rencontre inattendue sous le ciel étoilé, où les désirs s'éveillent et les âmes se dévoilent.

La femme mariée et le livreur — mais avec une vraie psychologie

La femme mariée et le livreur : quand le désir frappe à ma porte

Je m'appelle Camille, j'ai trente-quatre ans, et je suis mariée depuis huit ans à un homme que j'aime. Enfin, je crois. Ce matin-là, quand j'ai ouvert la porte au livreur, je portais encore mon peignoir en soie grise, celui que Julien m'avait offert pour nos cinq ans. Mes cheveux étaient attachés n'importe comment, et je n'avais pas encore bu mon café. Je suis consultante en ressources humaines, je travaille de chez moi trois jours par semaine, et ce mercredi-là ressemblait à tous les autres. Jusqu'à ce que je croise son regard.

Il faut que je vous explique quelque chose. Julien voyage beaucoup pour son travail. Trois semaines par mois parfois. Au début, ça me manquait terriblement. Maintenant, je m'y suis habituée. Peut-être trop. Nos retrouvailles sont devenues des routines tendres mais prévisibles. Il m'embrasse sur le front, on fait l'amour le samedi soir avec la même chorégraphie, et le dimanche il repart. Je ne me plains pas. Mais quelque chose en moi s'est mis à dormir.

Ce livreur, je l'avais déjà vu deux ou trois fois. Toujours le même. La trentaine, peut-être un peu plus. Des épaules larges sous sa veste de travail bleue, des mains épaisses aux ongles courts. Pas beau au sens classique. Un nez un peu tordu, comme s'il avait été cassé. Des yeux marron très clairs, presque dorés. Et une façon de me regarder qui me troublait sans que je comprenne pourquoi.

Ce matin-là, il m'a tendu le colis avec un sourire en coin.

- Encore des livres ?

J'ai ri, surprise qu'il se souvienne.

- Oui. Je suis une grande lectrice.

- Ça se voit. Vous avez l'air de quelqu'un qui aime les histoires.

Il y avait quelque chose dans sa voix. Une chaleur. Une lenteur. Comme s'il prenait le temps de me voir, vraiment. Pas juste la femme en peignoir qui signe sur l'écran tactile. Moi. Camille. Avec mes cernes et mes cheveux en bataille.

J'ai senti une bouffée de chaleur monter dans ma poitrine. Ridicule. J'avais l'âge d'être raisonnable. Mais mon corps, lui, n'avait pas reçu le mémo.

Il s'appelait Nabil. Je l'ai appris la fois suivante, quand il est revenu avec un colis que je n'attendais pas. Une erreur d'adresse, apparemment. Sauf que l'erreur tombait bien. Trop bien.

Cette fois, j'étais habillée. Un jean slim, un pull en cachemire crème. J'avais même mis du mascara. Pour personne en particulier, me suis-je dit. Menteuse.

Le désir qui s'installe entre nous

Les semaines suivantes, je me suis mise à guetter le camion de livraison. Pathétique, je sais. Mais chaque fois qu'il sonnait, mon cœur s'emballait comme celui d'une adolescente. Nabil avait cette façon de s'attarder sur le pas de ma porte, de poser des questions sur ma journée, de me regarder comme si j'étais la chose la plus intéressante qu'il ait vue depuis des heures.

Un jour, il pleuvait des cordes. Je l'ai invité à entrer le temps que l'averse se calme. Il a hésité. Juste une seconde. Puis il a franchi le seuil.

Mon salon sentait le café et la bougie à la figue que je laisse brûler quand je travaille. Cette odeur, je ne l'oublierai jamais. Elle est devenue le parfum de ma transgression.

- Vous vivez seule ?

La question était directe. J'aurais dû mentir.

- Non. Mon mari voyage beaucoup.

Il a hoché la tête lentement. Ses yeux dorés n'ont pas quitté les miens.

- Ça doit être long, toute seule.

- Parfois.

Le silence qui a suivi était chargé de tout ce qu'on ne disait pas. Je lui ai servi un café. Nos doigts se sont frôlés quand il a pris la tasse. Sa peau était chaude, un peu rugueuse. J'ai senti un frisson remonter le long de mon bras.

Il s'est assis sur mon canapé. Pas au bord, non. Confortablement, comme s'il était chez lui. J'ai remarqué la façon dont son jean moulait ses cuisses, la largeur de son torse sous le polo de travail. Une cicatrice fine barrait son avant-bras gauche. J'ai eu envie de la toucher, de lui demander son histoire.

- Vous faites quoi, comme travail ? il m'a demandé.

- Ressources humaines. J'aide les entreprises à recruter.

- Donc vous savez lire les gens.

- J'essaie.

- Et moi, vous me lisez comment ?

J'ai senti mes joues s'empourprer. Il souriait, mais ses yeux étaient sérieux. Attentifs. Il attendait vraiment une réponse.

- Je pense que vous êtes plus intelligent que votre métier ne le laisse supposer. Que vous observez beaucoup. Et que vous savez exactement ce que vous faites en ce moment.

Son sourire s'est élargi.

- Et qu'est-ce que je fais, en ce moment ?

- Vous me testez.

- Peut-être. Ou peut-être que j'aime juste être là, avec vous.

La pluie tambourinait contre les vitres. Mon cœur cognait au même rythme. J'aurais dû lui demander de partir. Lui dire que c'était inapproprié. Que j'étais mariée, que ce n'était pas moi, que je ne faisais pas ce genre de choses.

Mais je n'ai rien dit. Parce que pour la première fois depuis des mois, je me sentais vivante.

Il est revenu trois jours plus tard. Puis encore. Et encore. Toujours avec un prétexte. Un colis, une signature manquante, une question sur l'adresse. On parlait. De tout. De rien. De nos vies. Il m'a raconté son enfance à Marseille, son père mécanicien, sa mère qui cuisinait le tajine le dimanche. Moi, je lui ai parlé de Julien, de notre mariage qui s'effilochait sans bruit, de mes envies que je n'osais plus nommer.

- Qu'est-ce qui te manque ? il m'a demandé un jour.

On était passés au tutoiement sans s'en rendre compte.

- D'être désirée. Vraiment. Pas par habitude.

Il n'a rien répondu. Il m'a juste regardée. Et dans ce regard, j'ai vu tout ce que je cherchais depuis si longtemps.

Le moment où tout bascule

C'était un mardi après-midi. Julien était à Singapour pour dix jours. Nabil a sonné sans colis cette fois. Juste lui, sur mon palier, avec son blouson trempé par la bruine d'automne.

- Je passais dans le quartier.

On savait tous les deux que c'était un mensonge. Je me suis écartée pour le laisser entrer.

La bougie à la figue brûlait sur la table basse. Cette odeur sucrée, entêtante. Il a retiré son blouson, l'a posé sur une chaise. Ses cheveux étaient humides, quelques gouttes perlaient sur son front. J'ai eu envie de les essuyer.

Il s'est approché de moi. Lentement. Chaque pas délibéré. Mon dos a touché le mur du couloir. Son corps était à quelques centimètres du mien. Je sentais sa chaleur, son odeur de pluie et de sueur propre.

- Dis-moi d'arrêter, il a murmuré.

Sa bouche était si proche. Son souffle chaud sur mes lèvres.

- Dis-moi de partir, et je pars.

J'ai fermé les yeux. J'ai pensé à Julien. À nos vœux. À la femme que je croyais être.

Puis j'ai posé ma main sur sa nuque et je l'ai attiré contre moi.

Dans les bras du livreur

Sa bouche avait un goût de café et de menthe. Il embrassait comme il parlait, avec cette même lenteur délibérée qui me rendait folle. Sa langue cherchait la mienne, pas pressée, savourant chaque seconde. Ses mains ont glissé sur mes hanches, m'ont plaquée plus fort contre le mur.

Je sentais son sexe durcir contre mon ventre à travers le tissu de son jean. Cette évidence de son désir m'a fait gémir. Ça faisait si longtemps qu'un homme n'avait pas bandé pour moi comme ça. Avec cette urgence. Cette faim.

- Où ? il a soufflé contre mon oreille.

- La chambre. Au fond du couloir.

Il m'a soulevée comme si je ne pesais rien. Mes jambes se sont enroulées autour de sa taille. Je sentais ses muscles rouler sous mes doigts tandis qu'il me portait. La porte de la chambre s'est ouverte sous son épaule.

Le lit conjugal. Celui où Julien et moi dormions depuis huit ans. J'aurais dû ressentir de la culpabilité. Mais tout ce que je ressentais, c'était une excitation brûlante, presque douloureuse.

Nabil m'a déposée sur les draps. Il est resté debout, à me regarder. Ses yeux dorés parcouraient mon corps comme s'il voulait me mémoriser.

- Déshabille-toi, j'ai dit.

Ma voix ne tremblait pas. J'étais surprise de ma propre audace.

Il a retiré son polo d'un geste. Son torse était large, couvert d'une toison brune. Pas les abdos sculptés d'un mannequin. Un corps de travailleur, solide, réel. La cicatrice sur son avant-bras se prolongeait sur son épaule. J'ai voulu l'embrasser, lécher cette marque qui racontait une histoire que je ne connaissais pas encore.

Son jean est tombé. Son boxer noir tendait obscènement sur son érection. Quand il l'a fait glisser, j'ai retenu mon souffle. Sa queue était épaisse, légèrement courbée, la peau plus sombre que le reste de son corps. Une goutte de liquide brillait à son extrémité.

- À ton tour, il a dit.

J'ai déboutonné mon chemisier lentement, le laissant glisser sur mes épaules. Puis mon soutien-gorge. Mes seins sont petits, avec des aréoles larges et foncées. Julien les trouve quelconques. Nabil, lui, les regardait comme s'ils étaient un trésor.

- Putain, t'es belle.

Il s'est agenouillé au bord du lit. Ses mains ont défait mon jean, l'ont fait descendre le long de mes jambes. Ma culotte était déjà trempée. Il l'a remarqué. Son sourire s'est fait carnassier.

- Tu mouilles déjà autant ?

- Depuis des semaines. À chaque fois que tu sonnais.

Il a ri doucement. Puis il a approché son visage de mon sexe, a respiré profondément.

- Tu sens tellement bon. J'ai envie de te bouffer.

Sans attendre ma réponse, il a écarté ma culotte et a posé sa langue sur ma chatte. Un long coup de langue, de l'entrée jusqu'au clitoris. J'ai cambré les reins, un cri m'a échappé. Ça faisait des années que Julien ne m'avait pas léchée comme ça. Avec cette gourmandise. Cette avidité.

Nabil mangeait ma chatte comme un homme affamé. Sa langue explorait chaque repli, s'attardait sur mon clitoris gonflé, plongeait dans mon sexe pour boire ma mouille. Ses mains maintenaient mes cuisses écartées, ses doigts s'enfonçaient dans ma chair.

- Oh putain, oui, continue...

Je me suis entendue supplier, gémir, dire des mots que je ne reconnaissais pas. La bougie à la figue brûlait sur ma table de nuit, son parfum se mêlait à l'odeur de mon excitation. Je serrais les draps entre mes poings, mon bassin ondulait contre sa bouche.

Il a glissé deux doigts en moi tout en suçant mon clitoris. J'étais si mouillée que je l'ai entendu, ce bruit obscène de mes chairs gorgées de désir. Ses doigts cherchaient ce point précis à l'intérieur, celui que Julien n'avait jamais trouvé.

Nabil l'a trouvé en quelques secondes.

- Là, c'est là, ne t'arrête pas...

L'orgasme a monté comme une vague. J'ai senti mes cuisses trembler, mon ventre se contracter. Et quand il a déferlé, j'ai joui si fort que j'ai cru m'évanouir. Mon sexe palpitait autour de ses doigts, je criais son prénom sans retenue.

Il n'a pas attendu que je redescende. Il s'est redressé, a attrapé un préservatif dans la poche de son jean au sol. Ses gestes étaient rapides, précis. Puis il est revenu sur moi, son corps chaud et lourd écrasant le mien.

- Je vais te baiser maintenant. Tu veux ça ?

- Oui. Baise-moi. S'il te plaît.

Il a guidé sa queue à l'entrée de ma chatte. A poussé lentement, centimètre par centimètre. Je le sentais m'ouvrir, m'étirer. Cette sensation d'être remplie, possédée. J'ai enroulé mes jambes autour de ses hanches pour le prendre plus profond.

- Putain, t'es serrée, il a grogné contre mon oreille.

Puis il a commencé à bouger. D'abord doucement, de longs va-et-vient qui me faisaient sentir chaque veine de sa bite. Puis plus vite, plus fort. Le lit cognait contre le mur. Je m'en foutais. Des voisins. De Julien. De tout.

Son corps claquait contre le mien. Ses couilles tapaient contre mes fesses à chaque coup de reins. Je griffais son dos, mordais son épaule, criais des obscénités que je ne me connaissais pas.

- Plus fort, baise-moi plus fort...

Il m'a retournée d'un geste. À quatre pattes sur mon lit conjugal, la joue écrasée contre l'oreiller de Julien. Nabil m'a prise par les hanches et s'est enfoncé en moi d'un coup sec. L'angle était différent, plus profond. Je sentais sa queue taper contre mon col à chaque poussée.

- T'aimes ça, hein ? Tu mouilles comme une folle...

Sa main s'est abattue sur ma fesse. La claque a résonné dans la chambre. La douleur s'est mêlée au plaisir, électrisant chaque nerf de mon corps. Il m'a fessée encore, et encore, tandis qu'il me pilonnait sans répit.

Je bavais sur l'oreiller. Mes bras ne me portaient plus. J'étais une chose gémissante, offerte, totalement abandonnée au plaisir qu'il me donnait.

L'explosion du plaisir

L'odeur de la figue se mêlait maintenant à celle de nos corps, sueur et sexe confondus. La lumière de l'après-midi filtrait à travers les stores, dessinant des rayures dorées sur nos peaux enchevêtrées.

Nabil m'a retournée à nouveau. Il voulait voir mon visage. Ses yeux dorés plongeaient dans les miens tandis qu'il me baisait avec une intensité qui me coupait le souffle.

- Je veux te voir jouir. Jouis sur ma bite.

Sa main est descendue entre nos corps, ses doigts ont trouvé mon clitoris. Il frottait en cercles rapides tout en maintenant ses coups de reins. C'était trop. Trop de sensations. Trop de plaisir.

- Je vais... Oh mon dieu, je vais...

L'orgasme m'a fauchée comme un ouragan. Plus violent que le premier. Mon sexe s'est contracté autour de sa queue, des spasmes incontrôlables qui m'arrachaient des cris rauques. Je tremblais de tout mon corps, les larmes coulaient sur mes joues sans que je sache pourquoi.

- Putain, oui, serre-moi comme ça...

Nabil a accéléré, brutal maintenant, cherchant sa propre délivrance. Son visage se crispait, les veines de son cou saillaient. Et quand il a joui, il a poussé un grognement animal, son corps entier tendu comme un arc.

Je le sentais pulser en moi à travers le préservatif. Ses hanches tressautaient par à-coups tandis qu'il se vidait. Il a murmuré mon prénom, encore et encore, comme une prière.

Puis il s'est effondré sur moi. Lourd, en sueur, le souffle court. Son cœur battait contre ma poitrine. Nos respirations se calmaient ensemble, au même rythme.

La bougie à la figue crépitait doucement. Son parfum m'enveloppait comme un secret. Je savais que je ne pourrais plus jamais sentir cette odeur sans penser à cet instant.

Nabil a relevé la tête. Ses yeux étaient doux maintenant, presque tendres. Il a repoussé une mèche collée à mon front.

- Ça va ?

J'ai hoché la tête. Je ne savais pas si ça allait. Je ne savais plus rien. Juste que je me sentais vivante pour la première fois depuis des années.

Il s'est retiré doucement, a disparu dans la salle de bains pour se débarrasser du préservatif. Je suis restée étendue sur les draps froissés, le corps engourdi de plaisir, l'esprit étrangement calme.

Quand il est revenu, il s'est allongé à côté de moi. Pas collé, mais proche. Son doigt a tracé des arabesques paresseuses sur mon ventre.

- Tu regrettes ?

La question était sincère. Pas une accusation, pas une peur. Juste une curiosité.

- Non. Pas encore. Peut-être demain.

Il a souri.

- Et si tu ne regrettes pas demain non plus ?

- Alors peut-être qu'on recommencera.

Son sourire s'est élargi. Il s'est penché pour m'embrasser, un baiser lent et tendre qui n'avait rien à voir avec ceux d'avant. Un baiser d'après. De complicité.

Il est parti une heure plus tard. J'ai changé les draps, ouvert les fenêtres, laissé le vent d'automne chasser les odeurs de nos ébats. Mais celle de la figue restait, imprégnée dans les murs, dans ma peau.

Ce soir-là, Julien m'a appelée depuis Singapour. Il me racontait sa journée, ses réunions, le décalage horaire qui l'épuisait. Je l'écoutais d'une oreille distraite, mon corps encore marqué par les mains de Nabil.

- Tu as passé une bonne journée ? il m'a demandé.

- Tranquille. J'ai reçu un colis.

Je n'ai pas menti. Pas vraiment.

Cette nuit-là, seule dans mon lit, j'ai pensé à ce que j'étais devenue. Une femme adultère. Une menteuse. Une étrangère à moi-même. Mais aussi une femme qui avait retrouvé son désir, sa peau, son corps. Une femme qui existait à nouveau.

Mon téléphone a vibré. Un message de Nabil.

- Livraison prévue jeudi. Même heure ?

J'ai souri dans le noir. Mes doigts ont tapé la réponse avant que ma raison ne puisse intervenir.

- Je t'attendrai.

La bougie à la figue brûlait encore sur ma table de nuit. Son parfum sucré m'a accompagnée dans le sommeil, promesse de tous les interdits à venir.



– Jérémie M.
Auteur de récits érotiques sur Dessous-Femme.fr

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